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Accueil de la bibliothèque > Dictionnaire pratique et historique de la musique par Michel Brennet (1926)

Dictionnaire pratique et historique de la musique
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Sourdine
Nom féminin.
1. Petite pièce de bois, d'ivoire ou de métal, que l'on place à volonté sur le chevalet des instruments à archet, pour en modifier la sonorité en interceptant les vibrations de la caisse. Les cordes seules pouvant entrer en vibration, l'intensité du son se trouve infiniment réduite en même temps que son timbre prend un caractère étrange et mystérieux. Depuis Lulli, qui en a fait un emploi « vraiment génial » dans la scène du sommeil de Renaud, de l'opéra Armide (1686), les compositeurs dramatiques ont fréquemment employé les sourdines dans une intention descriptive, pittoresque ou dramatique. Exemples : Beethoven, Fidelio (1804), scène de la prison; Obéron de Weber (1826), ouverture, chœur des génies, chœur des sirènes; Berlioz, valse des Sylphes, de La Damnation de Faust (1848). Les compositeurs, en transportant du théâtre au concert et à la chambre les procédés descriptifs, ont employé les sourdines dans la musique instrumentale à titre d'effet de sonorité ou d'effet descriptif; Berlioz, dans la Valse des Sylphes, détache de l'orchestre 6 premiers violons avec sourdines et leur confie le thème accompagné de dessins vaporeux de 2 harpes et de pizzicati. L'emploi des sourdines se prescrit par les mots avec sourdines ou en italien con sordini, suivis des mots sans sourdines ou senza sordini. Dans Richard Cœur de Lion (1785), Grétry prescrit pour l'entr'acte qui précède l'air de Richard dans sa prison, et pour l'accomplissement de cet air (Si l'univers entier m'oublie), l'emploi de timbales avec 2 morceaux de drap aux baguettes, cors et trompettes en mi avec sourdines, cordes avec sourdines.

2. Petit cône de carton ou de bois percé d'un trou à sa base, que l'on place dans le pavillon du cor ou de la trompette pour en voiler la sonorité. Mersenne (1636) en donne la figure au chapitre sur la trompette. Rarement usité et longtemps abandonné, ce procédé a été employé par Wagner dans Rheingold, pour dépeindre l'enchantement du Tarnhelm, casque rendant invisible celui qui le coiffe. Aussi a-t-on cherché à renouveler l'ancienne sourdine, et a-t-on offert, notamment aux cornistes, de petits appareils analogues.

3. Nom parfois donné à la pochette ou petit violon des maîtres à danser, à cause de sa faible sonorité.

4. Jeu de l'harmonium, formé par le n° 1 (8 pieds), mais assourdi par un jeu de ressorts et de soupapes modifiant la distribution du vent.


Voir aussi: Pochette

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