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Accueil de la bibliothèque > Dictionnaire pratique et historique de la musique par Michel Brennet (1926)

Dictionnaire pratique et historique de la musique
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Prélude
Nom masculin.
Pièce de musique instrumentale exécutée avant une œuvre, avant une représentation ou une cérémonie. Les clavecinistes des XVIIe et XVIIIe s., Louis Couperin, Rameau, ont écrit nombre de préludes non mesurés et qui consistent en arpèges, dont le mouvement général et le mouvement de chaque groupe ou dessin sont laissés à la fantaisie de l'interprète. C'était une tradition héritée du luth, et qui se maintint aussi chez Bach. Les ritournelles d'orchestre portent le nom de prélude dans les opéras français des XVIIe et XVIIIe s. Les préludes composés pour l'orgue et destinés à précéder les pièces de chant liturgique sont soumis à l'obligation de se relier à ces pièces par leur modalité.

La forme du prélude reste à toutes les époques très libre, tantôt en style d'improvisation, tantôt canonique, etc. Une grande variété règne dans les Préludes de Bach. Dans son recueil du Clavecin bien tempéré, la formé binaire d'un motif traité en allant à la dominante (ou au relatif si on est en mineur) et revenant du ton principal, est la plus fréquente. Mais le prélude 1 du 1er livre correspond quelque peu au type du prélude de luth, comme aussi le n° 3 de ses Petits préludes. Le beau prélude en mi b est traité, après une introduction, en forme de motet varié; tandis que celui en mi b mineur est un admirable adagio en solo accompagné. Dans le 2e livre, le prélude 11 est de forme sonate, avec exposition en deux parties se terminant à la dominante et s'enchaînant sur un développement; la réexposition est rigoureuse. Dans le même livre, les préludes 13 et 24 subissent également très étroitement l'influence de la sonate. Les Préludes d'orgue de Bach sont tantôt, comme les Intonazioni de Gabrieli, des séries d'accords plus ou moins arpégés ou garnis de gammes, tantôt des variations sur les thèmes liturgiques. Le fameux grand Prélude en mi b a une forme extraordinaire : dans un plan ternaire, l'auteur introduit une fugue : il faut venir aux dernières sonates de Beethoven pour trouver l'analogue comme innovation et comme grandeur.

Les Préludes de Chopin pour piano existent par eux-mêmes, ils ne précèdent rien, ce sont des morceaux libres, très variés de facture et de forme: ils s'inspirent de ceux de Clementi, mais vont s'éloignant du style classique. Les Préludes de César Franck pour piano (Prélude, Choral et fugue et Prélude, Aria et finale) sont de la lignée de Bach. Ceux de Rachmaninoff s'inspirent de Chopin. Le prélude qui remplace l'ouverture dans beaucoup d'opéras modernes est comme celle-ci construit sur un ou plusieurs thèmes principaux de la partition, mais il diffère de l'ouverture par sa brièveté et par la liberté de son plan qui n'a plus rien de commun avec l'exposition et le développement de l'ouverture symphonique. Les plus beaux préludes dramatiques modernes sont ceux que Wagner a écrits pour Lohengrin (l847), pour Tristan et Iseult (1859), pour Parsifal (1882).


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