Dictionnaire de Métronimo
Dictionnaire pratique et historique de la musique
Lien vers le dictionnaire https://dictionnaire.metronimo.com/index.php?a=list&d=1
Lien vers le terme https://dictionnaire.metronimo.com/index.php?a=term&d=1&t=5652
Métronome
Nom masculin.
Appareil indicateur du degré de vitesse, dans l'exécution musicale. Le premier instrument de ce genre fut proposé par Etienne Loulié, qui l'appela chronomètre (1696); sous une forme encore primitive, il utilisait les oscillations du pendule, dont le nombre est inversement proportionnel au carré des longueurs, de telle sorte que, si la longueur du pendule s'accroît dans l'ordre progressif, 1, 4, 9, 16, etc., le nombre de ses oscillations décroîtra dans l'ordre inverse 1, 1 /2, 1 /3, 1 /4, etc. Le même principe présida aux divers essais que proposèrent tour à tour Sauveur, Gabory, en France, Harrison, Crotch, en Angleterre, Burja, Gottfried Weber, en
Allemagne, Winkel, à Amsterdam, et dont aucun ne parvint à une réalisation satisfaisante. C'est sur les brisées de Winkel que Maëlzel construisit le métronome encore en usage aujourd'hui sous son nom et pour lequel il avait pris un brevet français et établi une manufacture à Paris en 1816.

Son métronome se compose d'un pendule vertical terminé à la base par un poids fixe, maintenu en mouvement par un mécanisme d'horlogerie, et muni à son extrémité supérieure d'une masselotte mobile, glissant à volonté le long de la tige. Une échelle graduée, placée derrière le pendule, porte les chiffres indiquant le nombre des oscillations accomplies par le pendule, dans la durée d'une minute, selon qu'il se trouve allongé ou raccourci par la position de la masselotte. Le bord supérieur de celle-ci se place sur la tige de manière à affleurer le chiffre voulu. Le tic-tac du mouvement d'horlogerie indique à l'oreille les battements et déclenche à volonté le fonctionnement d'un timbre qui souligne le premier temps de chaque mesure. Il reste à figurer dans la notation musicale le rapport de vitesse d'un signe choisi comme unité de temps, avec le nombre correspondant de battements du pendule. En inscrivant en tête du morceau le signe métronomique on indiquera à l'exécutant que la valeur d'une noire sera d'un soixantième de minute, ou une seconde, ce qui, dans la mesure ordinaire à quatre temps, répond à la définition courante d'un temps lent; le signe prescrira un mouvement plus rapide du double, etc.

L'utilité du métronome, reconnue par Beethoven, qui s'en est servi l'un des premiers en métronomisant lui-même plusieurs de ses op. (voyez Vélocité), n'est depuis longtemps mise en doute par personne; son abus seul et la rigidité qui en serait la conséquence dans l'exécution, ont pu lui attirer des critiques injustifiées et méritées seulement par les pédagogues inintelligents qui font battre le pendule du métronome sur le pupitre de l'élève pendant toute la durée d'un morceau.


Voir aussi: Vélocité

© 2003 metronimo.com