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Accueil de la bibliothèque > Dictionnaire pratique et historique de la musique par Michel Brennet (1926)

Dictionnaire pratique et historique de la musique
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Carillon
Nom masculin.
1. Série de cloches disposées de manière à fournir une gamme plus ou moins étendue, se prêtant à l’exécution de mélodies complètes.

A l’inverse des cloches ordinaires, que l’on met en branle en les balançant sur leur axe, celles du carillon sont assujetties d’une manière fixe à la charpente et frappées, soit à l’extérieur par des marteaux, soit à l’intérieur par le battant, qui est attiré par un système de tringles ou de cordes, elles-mêmes gouvernées soit par un clavier à main, soit par un tambour fonctionnant automatiquement.

La Bible de saint Etienne Harding (XIe s.) et l’un des chapiteaux de Boscherville (XIIe s.) offrent la représentation d’un carillon primitif, fait de clochettes suspendues librement et que frappe un personnage assis un peu au-dessous. C’est le carillon à main, dont on retrouve l’image jusque chez Memling (XVe s.). A cette époque, des carillons existaient déjà dans nombre d’églises et de beffrois de la Flandre française et belge. Bruges passe pour en avoir possédé un dès le commencement du XIVe s. Eustache Deschamps, dans l’Art de dictier (1392), parle des « cloches mises en diverses orloges, lesquelles par le touchement des marteaux donnent sons accordables selon les six notes (de l’hexacorde), proférant les séquences et autres choses des chants de la Sainte Église ». Les comptes de l’église d’Audenarde, en 1408, mentionnent un paiement « pour avoir sonné le carillon »; en 1510, un mécanisme à tambour installé dans la même tour faisait entendre des fragments du Veni sancte Spiritus et du Salve regina; on y joignit dans la même année un clavier, qui fut l’un des premiers connus. Dunkerque avait un carillon depuis 1437. Alost, depuis 1481. Bruxelles était surnommée en 1541 la Ville aux sept Carillons. Le beffroi de Termonde, qui abritait six cloches en 1526, fut enrichi en 1549 de quinze cloches nouvelles, et sa flèche fut ajourée pour en favoriser la sonorité. « Dans notre pays, dit Swertius (1603), on entend presque tous les jours un grand concert de cloches, où il y a tant d’art et d’harmonie que l’on croirait écouter un orgue ».

La renommée des carillons flamands les fit imiter dans les pays voisins, où leur établissement fut souvent confié à des fondeurs venus de Louvain, de Bruxelles, etc. La Hollande, les Îles Britanniques, l’Allemagne du Nord eurent depuis le XVIIe s. de nombreux carillons. On en établit peu en France, sauf dans les provinces du Nord. Celui de Beauvais, en 1531, ne comptait que six cloches. Celui de l’église Saint-Jacques-la-Boucherie, à Paris, passait en 1724 pour « fort musical », mais le plus populaire était celui de la Samaritaine, aux sons duquel venaient danser les ramoneurs, sur le Pont-Neuf. La plupart des carillons français furent détruits pendant la Révolution, et leurs cloches envoyées à la fonte. On en a reconstruit beaucoup pendant le XIXe s.

A la veille de la première guerre mondiale, la Belgique en possédait de fort beaux. Le carillon de la tour de Saint-Rombaut, à Malines, construit en 1555, avait 26 cloches en 1642, 32 en 1674 et 45 en 1914, formant un poids total de 36369 kilogrammes. Hormis les six plus grosses, qui servent à la cathédrale, toutes ses cloches sont fixes. Son agencement permet de les faire retentir soit mécaniquement, soit par le jeu du carillonneur au clavier; dans le premier cas, le mécanisme se compose essentiellement d’un cylindre énorme, appelé tambour, sur la circonférence duquel sont fichées des broches; lorsque le cylindre est mis en rotation, les broches agrippent les boucles des fils de fer qui transmettent l’impulsion soit au marteau extérieur des grosses cloches, soit au battant des petites; le tambour est percé de 16200 trous prêts à recevoir des broches, lorsque, pour changer le morceau exécuté, on procède à un placement nouveau de ces broches. Le carillon de Saint-Rombaut fonctionne pour annoncer la sonnerie des heures : il joue, avant l’heure, un morceau de 108 mesures, qui dure 4 minutes, avant la demie, 48 mesures, avant le quart, 8 mesures, et 2 pour l’avant-quart. Lorsque les cloches doivent être mises en branle par le jeu de l’artiste au clavier, on suspend le mouvement des rouages qui commandent la rotation du tambour. Le clavier manuel semble double, parce que les notes naturelles correspondent à une rangée de touches, et les notes altérées, à une autre, placée en retrait; le pédalier est analogue à celui de l’orgue. La charpente d’un carillon doit être formidable pour résister au poids des cloches, à celui du tambour (à Bruges, il pèse 9983 Kg), et à l’ébranlement causé par leur mise en action, qui semble faire trembler tout l’édifice. Les tambours des principaux carillons belges sont disposés de manière à faire entendre des thèmes harmonisés.

Le système généralement adopté dans la Grande-Bretagne est différent : les cloches y sont balancées; les mélodies ne comportent aucune harmonie; au lieu de tambours préparés pour sonner un chant déterminer, un mécanisme alternatif, dit change-ringing, intervertit sans cesse l’ordre dans lequel les cloches sont ébranlées; il en résulte une variété presque infinie dans l’ordre de succession des sons qui se trouvent en même temps dépouillés de toute signification artistique intentionnelle. Pour les sonneries limitées à peu de notes et destinées à l’annonce des heures, des formules mélodiques, appelées chimes, se produisent de manière que le motif entier soit entendu avant le coup de l’heure, sa première moitié à la demi, ses premières notes au quart. Ce procédé anti-musical est usuel dans quantité de petites et grandes horloges à carillon.

2. Jeu d’orgues, composé de timbres, ou de clochettes, ou de barres d’acier ou de spirales, mis en vibration par une rangée de marteaux, pour imiter le son des cloches. Dans les anciennes orgues d’Allemagne, le jeu de carillons était souvent placé au sommet de la montre et comportait une ou plusieurs figures mécaniques d’anges qui frappaient les timbres. Des jeux de carillons à percussion existent dans quelques orgues modernes d’Europe, et en autres dans celles de la salle des fêtes du Trocadéro, à Paris. On donne aussi le nom de carillon à un jeu de mutation analogue au cornet, qui fait entendre, avec le son fondamental, les harmoniques 3, 5 et 8.

3. Instrument de percussion employé à l’orchestre, appelé en allemand Glockenspiel, littéralement « jeu de cloches », dit quelquefois harmonica de métal. Ses modèles anciens étaient composés de séries de timbres, ou calottes hémisphériques, en bronze, de grosseur décroissante, mis en vibration par le choc de deux petits maillets tenus en main par l’exécutant. Les timbres ont été remplacés par des barres d’acier de longueur et d’épaisseur décroissante, reposant au point des nœuds de vibrations sur des cordes ou des tresses de paille servant d’isolateurs. Dans le modèle appelé typophone, inventé par Mustel, les barres sont remplacées par des diapasons. Le célesta, produit par le même facteur vers 1886, est une sorte de piano réduit dans lequel les cordes métalliques sont remplacées par des lames d’acier. Haendel a employé le jeu de carillon dans le célèbre chœur de jeunes filles de son oratorio Saül. Mozart s’en est servi dans La Flûte enchantée, et Wagner dans la scène finale du Rêve (représenté en 1891). Alfred Bruneau a mélangé aux accords du grand orgue, mesurés à quatre temps, le dessin obstiné d’un carillon de trois notes produisant un dessin de rythme ternaire :


En 1913, pour les représentations de l’opéra de Leroux, Le carillonneur, G. Lyon a installé, dans les cintres de l’Opéra-Comique, un carillon composé de 53 tubes de métal, actionnés par un clavier à transmission électropneumatique, placé dans l’orchestre. Cet instrument a permis au compositeur de transporter réellement sur le théâtre le genre d’effets sonores auquel les fêtes religieuses et civiques de la Belgique doivent une partie de leur beauté et de leur originalité.

4. Pièce de musique imitant la sonnerie d’un carillon. Les œuvres de William Byrd pour la Virginale (XVIe s.), le livre de luth de Besard (1603), les pièces de clavecin de Couperin (1716), celles de Pierre Dandrieu pour l’orgue en offrent des exemples. Au Concert spirituel de Paris, vers 1730, on entendait chaque année, le jour de la Toussaint, un « Carillon funèbre par toute la symphonie ». Vers la fin du XVIIIe s., Daquin et les principaux organistes ne manquaient pas d’exécuter, le même jour, un morceau semblable. Parmi les œuvres plus récentes, on rappellera le carillon de L’Arlésienne, de Bizet (1872), et le Carillon pour orgue, de L. Boellmann.


Voir aussi: Carillonneur

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